Un des 25, 30 et 35 premiers exemplaires sur vélin de Hollande.
En 1929, Simone de Beauvoir a vingt ans. Elle vient d’être reçue brillante seconde – derrière Sartre redoublant -, à l’agrégation de philosophie. Farouchement cartésienne, elle entend vivre pour écrire « Libre comme l’air » et conclut une alliance sacrée avec Sartre : « Jamais nous ne deviendrions étrangers l’un à l’autre, jamais l’un ne ferait en vain appel à l’autre, et rien ne prévaudrait contre cette alliance ». Alliance qui se doublait du serment : « Nous nous dirons tout » .
« Même si aucune vie ne peut s’ériger en modèle, reste qu’en tournant le dos aux normes patriarcales millénaires, en refusant le destin obligé des femmes, d’épouse et de mère, en devenant l’une des philosophes les plus célèbres de son temps, elle a montré à ses lectrices qu’elles pouvaient elles aussi tenter d’ouvrir la cage des préjugés qui les tenaient enfermées. Nos enfants ne liront peut-être plus ni La Nausée ni Le Deuxième Sexe, ni aucune oeuvre d’elle ou de lui, mais leurs noms sont inscrits à présent dans l’histoire des mentalités et dans celle de la mythologie amoureuse. Ce n’était peut-être pas le projet initial de Sartre. Mais c’est grâce au Castor, qui a construit vaille que vaille ce couple mythique avec lui, que Sartre restera à la postérité. Douce revanche de Beauvoir : c’est avec elle qu’il gagnera l’éternité. » (Elisabeth Badinter, Simone de Beauvoir ou les chemins de la liberté, Bnf Conférences, 2002).
Remarquable réunion en grand papier de cette pédagogie de la liberté féminine pour plusieurs générations de femmes.






