Lettre et brouillon autographes [à Paul Rassinier]
Elle fait suite à une première lettre, du 18 juillet, dans laquelle Camus l’informe que son projet de texte soumis à Gallimard fut l’objet d’un refus poli : « Gaston Gallimard […] se refuse à publier des essais purement politiques dont il affirme qu’ils ne se vendent pas. Je le regrette, pour ma part ». Mais Camus va plus loin, et tance Rassinier sur le fond : « Je n’ai jamais rien eu contre vos ouvrages sur les camps de concentration. Ils représentent une contribution sérieuse, parmi d’autres, à l’étude de ce problème. J’estime simplement que la préface de Paraz suffisait à jeter la suspicion sur n’importe quelle entreprise. A ce sujet, je continue à penser que l’esprit libertaire ne peut se permettre la plus légère indulgence à l’égard de l’antisémitisme sans se nier lui-même et commencer de s’avilir. Ceci devant être dit, puisque je le pense […] ».
Son « Discours de la dernière » sera finalement édité par « La Voie de la Paix » en 1953.
Paul Rassinier (1906-1967) fut « un militant politique français de gauche, devenu après la Seconde Guerre mondiale une figure importante du négationnisme, invoquée en 1979 comme une source essentielle par le négationniste Robert Faurisson ». A partir de 1949, il publia des écrits qui témoignent de son glissement progressif vers l’extrême-droite, l’antisémitisme et le négationnisme ; il collabora à la revue Rivarol dès sa fondation. Camus, dans sa lettre du 24, lui reprochera cela » vous contestez que Paraz puisse être indulgent à l’antisémitisme. Moi, je supposais qu’il fallait l’être pour collaborer à une feuille comme Rivarol. »
La dactylographie présente le même texte, remanié, avec quelques modifications autographes.
