Lettre autographe à Christel Söderlundh
One of the most revealing documents on Romain Gary’s inner psyche, in which he offers his lover, at the age of twenty-four, a lesson in life and morality: “Christel, souviens-toi que les choses au monde que je respecte le plus sont l’honneur et la droiture.”
Christel Söderlundh, whom Gary met in Nice in July 1937, was his first great love. She was a young Swedish journalist, and married. Gary was twenty-four when he wrote this letter to her while she was staying in Vienna, where her newspaper had sent her. Gary himself was in Nice for three months; the young woman had joined him at the Pension Mermonts for a fortnight at the beginning of April. He then planned to travel to Poland to visit his family before continuing on to Sweden. This letter immediately follows their painful farewell.
He sets out to her his conception of love: “Souviens-toi que si je t’aime comme femme c’est aussi parce que je t’aime comme homme et qu’un de nos deux amours n’ira, jamais, pour moi, sans l’autre… Il est très difficile d’être un homme. Mais s’il y a quelque chose qui compte, dans la vie, s’il y a quelque chose de vraiment sacré, c’est ça : être un homme. C’est dans la mesure où tu le seras, où que tu t’efforceras de l’être (car c’est peut-être impossible) que tu seras toujours toute proche de moi, même si des milliers de kilomètres nous séparent, c’est par cette volonté dure d’arriver à être un homme que tu seras toujours au sens le plus beau de ce mot, ma femme…”
It is clear that “being a man” has nothing to do with gender here. By this, Gary means a whole, dignified human being. He is not seeking a woman with her charming weaknesses, her whims, her allure, but someone who might be a kind of double, equally strong and upright: “Et rien, jamais, ni le mariage, ni l’amour ni les enfants ne te rapprocheront de moi plus que ça : l’effort d’être un homme. C’est par cet effort, par cette volonté dure, par cette aspiration à la dignité humaine, à la condition humaine, que ton sang, Christel, sera dans mon sang, ta pensée dans ma pensée, et ta main fillette, dans ma main.”
Such a result, he insists, can only be achieved through tremendous effort: “Il faut travailler, ma lointaine, il faut étudier, être seule, lutter, souffrir beaucoup, dans l’effort et mépriser les hommes qui envoient des chocolats de luxe…”
His wish for an exclusive, total and definitive love is constantly gnawed by doubt: “Je sais que tu es égoïste et que tu m’aimes dans la mesure ou ça te fait plaisir, mais je voudrais savoir si c’est quelque chose de plus fort que toi, si tu peux, vraiment, tout quitter pour être à moi, ou s’il s’agit seulement de ce genre d’amour dérisoire et charmant auquel ‘il est agréable de céder de temps à autre’ comme Goethe ne l’a pas écrit.”
The letter also contains beautiful expressions of sensuality: “Si seulement je pouvais savoir que tu es à moi, à moi seul, à moi, rien qu’à moi, des pieds à la tête, de tout ton corps que je vois, comme si tu étais là couchée près de moi, comme si je le caressais encore, partout, fillette, partout, de mes lèvres, de mes dents, de mes doigts…”, as well as touching, tender worries from the poor young man he then was: “C’est très beau, Christel, le chocolat de luxe et avec moi, je le crains, il y aura fort peu de chocolat, fillette, et encore moins de luxe…”
Gary, it is clear, offers her an arduous path, far from ease or even tenderness: “Ce que je te conseille demande beaucoup, beaucoup plus de courage que tu ne le crois. Ça n’a rien à voir avec le plaisir, et presque rien avec le bonheur… en tout cas, pas pour les gens qui croient – les malheureux ! Que le bonheur, c’est seulement le maximum de plaisir. Le bonheur – mon bonheur – c’est un chemin très dur […]. J’ai parlé beaucoup trop… et je n’ai pas envie de m’arrêter… j’ai envie de continuer… je suis un imbécile ! Mais un imbécile qui t’aime. Romain.”
In June 1939, Gary resolved to travel to Sweden with 2,000 francs in his pocket, hoping to win back the beautiful Christel, who had made him no promises and was attempting to reconcile with her husband, the musician and composer Axel-Bror Söderlundh. Gary never managed even to see her again. He stayed with Sigurd Norberg, a childhood friend from the Lycée Masséna, whose family lent him their small wooden house in the Archipelago, where he reworked his first novel, Le Vin des morts. He returned to France and rejoined his posting. A few months later, Gary sent her one final farewell letter from the Avord air base, dated 31 December 1939.
Tears at the folds, vertical repair with adhesive tape on the last leaf.



