L’Enfer
L’Enfer paraît en 1908 : c’est le premier roman d’Henri Barbusse, teinté des écrits naturalistes et décadents. Cette attaque contre la société et ses institutions dix ans après, laissa encore des traces : fin juillet 1917, Barbusse fut attaqué à la Chambre, où le député Jules Delahaye, catholique et royaliste, reprochait aux radicaux-socialistes de soutenir un écrivain qui pouvait impunément répandre des « doctrines de trahison et de suicide », appuyant sa thèse en lisant des passages de L’Enfer qui contenait, selon le député, des « idées plus destructives que la guerre elle-même » (cité par Lindner-Wirsching, in La réception du roman Le Feu de Barbusse en France et en Allemagne).
Sept mois plus tôt, Barbusse venait d’obtenir le prix Goncourt, un prix qu’il évoque dès octobre 1916 en avouant y avoir pensé pour son premier roman, lequel avait effectivement retenu l’attention du jury : « J’avoue que 5’000 francs, c’est bon à prendre – mais c’est un peu tard pour me le donner après l’avoir refusé d’abord aux Suppliants et surtout à L’Enfer » (in Lettres de Henri Barbusse à sa femme, 1914-1917, Flammarion, 1937, p. 236). Mais ces derniers couronnèrent cette année là Francis de Miomandre, après qu’Octave Mirbeau se soit opposé à Barbusse, arguant que ce candidat, aux ressources aisées, n’avait nul besoin des 5 000 francs du prix.
À la parution de L’Enfer, Maurice Genevoix est à Sceaux, en classe préparatoire au lycée Lakanal. Il intègrera l’École Normale Supérieure à la rentrée de 1911.
De la bibliothèque des Vernelles, avec ex-libris.

