Exemplaire du premier tirage, avec le timbre sec de l'imprimeur Belfond dans la marge inférieure du portrait.
Ce recueil rassemble quelques-uns des textes les plus célèbres de Mallarmé, notamment L’Après-midi d’un faune et Le Corbeau, sa traduction du poème d’Edgar Allan Poe. Plusieurs proses présentent d’importantes variantes par rapport à leurs premières publications, au point de constituer, pour certaines, des textes presque entièrement nouveaux, notamment les deux Divagations.
Le célèbre portrait de Mallarmé par Whistler constitue l’un des plus beaux témoignages de leur amitié. Le peintre avait longuement fait poser le poète, détruisant ses premières tentatives, dont il jugeait la ressemblance insuffisante. Henri Mondor rapporte ainsi que Whistler avait insisté pour obtenir que Mallarmé pose longtemps « les premières images obtenues lui semblaient faibles et il les déchirait pour recommencer (…) Mais Whistler, en quelques traits, s’empara de ce qui jusqu’ici lui échappait et obtint, de son ami, en une intense et mobile ressemblance, une impression à peine fixée mais profonde. Une vue pénétrante était devenue une heureuse vision » (Vie de Mallarmé, pp. 639-640).
Le poète lui-même tenait cette lithographie pour son portrait le plus réussi. Dans une lettre à Whistler du 5 novembre 1892, il lui exprimait son admiration, estimant qu’aucune représentation antérieure n’avait aussi justement saisi ses traits. Whistler devait à son tour souligner, dans une lettre du 15 octobre 1894, la beauté exceptionnelle de cette effigie du poète.
Bon exemplaire sous ses fragiles couvertures vert d’eau, dos habilement restauré.
Ex-libris L. Ponet.
Vicaire, V, 476 ; Carteret, II, 99 ; Talvart et Place, XIII, 122 ; Levy, Whistler Lithographs, n° 101.

