Manifeste du surréalisme

Poisson soluble
Paris, Éditions Kra, collection « Les Documentaires », [juin] 1929
1 vol. (130 x 200 mm). Reliure plein chagrin havane, dos lisse, titre à froid, couvertures et dos conservés (Annie Boige).
Nouvelle édition, en partie originale, augmentée d'une préface et de la Lettre aux voyantes.

Frontispice de Max Ernst.

Exemplaire imprimé du service de presse, avec trois corrections autographes d'André Breton dans la préface.

Exceptionnel envoi autographe signé d'André Breton à René Char, disposé autour du titre imprimé sur le faux-titre :

« À René Char
Je l'ai connu depuis ce
MANIFESTE DU SURRÉALISME
il y a donc encore
de beaux jours.
André Breton »

Un exemplaire majeur pour l’histoire des relations entre André Breton et René Char.

Les deux poètes se rencontrent à Paris à la fin de novembre 1929, par l’intermédiaire de Paul Éluard. Char rejoint aussitôt le mouvement surréaliste et contribue dès décembre au dernier numéro de La Révolution surréaliste, dans lequel paraît le Second manifeste. En mars 1930, il compose avec Breton et Éluard Ralentir travaux, publié la même année.

Le présent envoi se situe vraisemblablement aux premiers temps de cette amitié. Deux autres exemplaires des Manifestes offerts par Breton à René Char sont connus : le premier est un exemplaire de tête de l’édition originale de 1924, relié par Paul Bonet pour Char (Christie’s, collection Pierre Brossette, n° 102 ) avec un envoi évoquant notamment « la courbure (qui va s’accentuant) de la terre ». Le second est celui du Second manifeste (1930), portant un long envoi daté du 21 septembre 1930, dans lequel Breton rappelle l’incident du bar Maldoror et le coup de couteau reçu par Char quelques mois auparavant (Christies, 2024, n° 83). Cet exemplaire vient se placer entre les deux.

À la différence du premier, dont l’envoi est nécessairement postérieur à l’édition de 1924 et est davantage un envoi de complaisance a posteriori, il est rédigé au moment même de leur début de relation. La préface comporte, de la main de Breton, trois corrections autographes. On ne connaît cette variante que dans un seul autre exemplaire, celui dédicacé à Jeannette Tanguy – qui n’en comporte que deux.

Il a également été enrichi par René Char d’une photographie ancienne représentant un nu féminin, par Henri Manuel, placée en regard du frontispice de Max Ernst, qui entretient une correspondance visuelle frappante, sans qu’il nous soit permis d’identifier le modèle. L’exemplaire ayant été depuis toujours la pleine propriété de René Char, il est indiscutable qu’il est bien celui qui l’a enrichi de ce tirage.

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