La Grande Peur des bien-pensants
Un des 6 premiers exemplaires sur japon nacré (n° I).
La Grande Peur des bien-pensants marque un moment important dans l’histoire des droites françaises : l’ouvrage rassemble pour partie des textes publiés entre 1929 et 1931, certains dans L’Action française, d’autres présentés sous forme de conférences. Sa parution précède la rupture entre Maurras et Bernanos, qui date de mai 1932, lorsque le chantre du nationalisme intégral écrira dans L’Action française du 16 mai son célèbre « Je vous dis adieu, Bernanos ».
Cette rupture s’inscrit dans une évolution engagée chez Bernanos depuis plusieurs années, qui le conduira aux prises de position salutaires de ses années suivantes.
Cette biographie de Drumont est surtout un pamphlet qui dénonce le déclin de la nation, tombée entre les mains d’une bourgeoisie conservatrice dans les premières décennies de la IIIe République.
« On voit habituellement en Georges Bernanos un écrivain très proche de L’Action française, si ce n’est l’écrivain maurrassien par excellence. En réalité, s’il fut en effet maurrassien convaincu dans sa jeunesse, journaliste militant à L’Avant-Garde de Normandie en 1913-1914, proche du mouvement à l’époque de Sous le soleil de Satan et de la condamnation de l’Action française par le Vatican (1926-1927), sa rupture avec Maurras en 1932 révèle toute la distance qui le sépare en profondeur du mouvement royaliste. Il est logique que Bernanos en vienne à condamner Maurras, coupable de complaisance envers les dictatures conquérantes, au temps de Munich et de la guerre d’Espagne […]. Opposé à la vision maurrassienne de l’Histoire parce qu’il a toujours choisi le romantisme de l’aventure personnelle contre le positivisme de la raison politique, opposé au ‘catholicisme sans Christ’ de la France maurrassienne au nom même du Dieu de l’Évangile, il a bâti son oeuvre d’écrivain sur une quête spirituelle qui est restée totalement étrangère, en définitive, aux idées et aux valeurs de ce journal […] » (Denis Labouret, « Georges Bernanos et l’Action française : histoire d’un malentendu »).







