Les Nouvelles Aventures des Pieds-Nickelés

Les Pieds Nickelés en Amérique
[pour L'Épatant, n° 1183, 2 avril 1931].
2 planches (250 x 325 mm) de 9 et 8 cases en couleurs, signées, cachets de L’Épatant et indications manuscrites de publication et de fabrication, notamment « Les Pieds Nickelés – 219 suite » et « 5652 ».
Exceptionnel ensemble des deux planches originales composant intégralement la livraison n° 219 des Nouvelles Aventures des Pieds-Nickelés, conservées ensemble et correspondant aux pages 8 et 9 de L'Épatant du 2 avril 1931.

Créés par Louis Forton en 1908 dans L’Épatant, Croquignol, Filochard et Ribouldingue imposèrent l’un des premiers grands mythes populaires de la bande dessinée française. Escrocs sympathiques et ennemis déclarés du travail et de l’autorité, les trois compères traversent avec une extraordinaire liberté les milieux et les frontières, toujours poursuivis par la police et toujours prêts à une nouvelle combine.

Ces deux planches appartiennent à leur longue aventure américaine, publiée dans L’Épatant entre septembre 1930 et avril 1931. Parue dans l’hebdomadaire sous le titre générique Les Nouvelles Aventures des Pieds-Nickelés, elle fut réunie deux ans plus tard par la Société parisienne d’édition sous le titre Les Pieds Nickelés en Amérique.

La conservation conjointe des deux feuilles est particulièrement remarquable : elles constituent l’intégralité de la livraison du 2 avril 1931, telle qu’elle fut publiée sur les deux pages consacrées cette semaine-là aux Pieds Nickelés. Leur confrontation avec l’exemplaire de L’Épatant permet de retrouver, case après case, la mise en page originale et les récitatifs ajoutés lors de la composition typographique.

L’ensemble offre également un précieux témoignage de la grammaire graphique de Forton et d’un moment charnière de l’histoire de la bande dessinée française. Pionnier en France de l’emploi du phylactère dès les premières années des Pieds Nickelés, Forton associe encore ici deux modes de narration : le développement de l’action demeure confié aux récitatifs imprimés sous les images, tandis que certaines paroles surgissent directement dans le dessin. Les savoureux « CHEERIO », « THERE’S LUCK BOYS », « CHIN-CHIN », puis le définitif « GONE! » de la dernière case sont ainsi tracés de la main de Forton sur les originaux.

Cette coexistence apparaît avec une évidence particulière sur les dessins eux-mêmes : débarrassées des légendes typographiques qui les accompagnent dans L’Épatant, les images révèlent la vivacité du trait de Forton, son abondant jeu de hachures, ses silhouettes immédiatement reconnaissables et l’efficacité avec laquelle il conduit l’action d’une case à l’autre.

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