L’Homme pressé

Paris, Gallimard, (5 décembre) 1941.
1 vol. (120 x 195 mm) de 332 p., [1] et 1 f. Broché, à toutes marges, non coupé, sous emboîtage et étui signés de J. Liekens.
Edition originale.

Un des 8 premiers exemplaires sur japon (A).

Envoi signé de Michel Déon qui note sur le feuillet de dédicace à Hélène Morand qu'il « aimerais avoir eu l'idée même de cette dédicace exquise ».

Publié en 1941, L’Homme pressé est l’un des grands romans de Paul Morand, et sans doute celui dont le titre s’est le plus durablement confondu avec sa légende. Pierre Niox, collectionneur, amateur d’art et homme incapable de demeurer en repos, traverse le monde comme sa propre existence : trop vite, toujours trop tard, avec cette fièvre de vitesse qui finit par devenir une forme de destin – celle de l’impossibilité de ralentir, l’une des grandes maladies modernes.

Roman de l’impatience, de la possession et de l’échec amoureux, L’Homme pressé donne à Morand l’un de ses plus beaux doubles littéraires.

Magnifique exemplaire de tête, le premier d’entre eux, lettré A : il provient de la bibliothèque de Michel Déon, qui le tenait de Claude Gallimard.

C’est à l’adolescence, dans les livres hérités de son père, que Michel Déon découvre Paul Morand et se prend de passion pour l’écrivain, dont il fera la connaissance en 1947, à Lausanne. S’établit alors entre eux une amitié qui ne se démentira plus jusqu’à la disparition de Morand, en 1976, et dont on trouve maints témoignages dans la Correspondance Morand-Chardonne, publiée par Gallimard en 2014.

À cette proximité littéraire et amicale s’ajouta chez Déon une véritable passion bibliophilique. Pendant près d’un demi-siècle, il s’efforça de réunir les livres et les textes de Morand, depuis les éditions originales et les tirages de tête jusqu’aux publications en revue, faisant relier ou emboîter ses exemplaires par quelques-uns des meilleurs artisans du livre – ici par Jacqueline Liekens. Michel Déon confia finalement à notre confrère toulousain Éric Castéran le soin d’établir le catalogue raisonné de cette collection et d’en assurer la dispersion. Le présent exemplaire y figurait alors, sans envoi.

Acquis par un proche de Déon, le livre revint ensuite entre les mains de celui qui l’avait si longtemps conservé, qui y apposa alors cet envoi. Singulier retour à l’envoyeur, qui ajoute une dernière étape à la remarquable histoire de cet exemplaire : Claude Gallimard, Michel Déon, sa bibliothèque Morand, puis, après sa dispersion, Déon à nouveau.

Sont également connus sur ce papier les exemplaires de la bibliothèque du château de Tournay (Christie’s, juin 2026, n° 182) et de celle de Gabriel Bounoure (Artcurial, décembre 2009, n° 437).

Rarissime.

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