Défense de Lady Chatterley
Un des 50 exemplaires du service de presse sur alfa Lafuma-Navarre (n° 6).
Précieux exemplaire de Jacques Benoist-Méchin, préfacier et traducteur : ce dernier a considérablement annoté, corrigé et amendé sa note liminaire, sans doute en vue d'éditions postérieures.
Lawrence avait fait imprimer lui-même à Florence, en 1928, la première édition non expurgée de son roman. L’ouvrage se heurte immédiatement à la censure et aux saisies douanières ; sa circulation clandestine provoque en outre une multiplication des éditions pirates. Mais Lawrence est surtout exaspéré par le malentendu fondamental qui entoure son livre : il a voulu écrire contre la pornographie et se voit accusé d’avoir écrit un livre pornographique. C’est à ce paradoxe que répond sa Défense ; Lawrence avait délibérément employé dans son roman des mots anglais considérés comme imprononçables dans la littérature respectable, soutenant l’idée que les mots deviennent obscènes parce qu’on les a rendus obscènes. La provocation de Lady Chatterley consiste donc aussi à vouloir rendre leur innocence à des mots que la société a salis.
Jacques Benoist-Méchin remanié ici consisérablement sa note linaire, avec de nombreux repentirs et plusieurs changements majeurs à son texte.
André Malraux, préfacier de l’édition française de L’Amant de Lady Chattelrey, paru quelques mois plus tôt, avait lui aussi clairement dégagé les intentions de D. H. Lawrence. « Le sexe est un contact dont nous avons peur. Nous ne sommes qu’à demi-conscients, à demi-connaissants. Il faut que nous devenions vivants et connaissants. Ainsi, loin d’être obsène ou pornographique, l’Amant de lady Chatterley est un livre rafraîchissant et sain qui pense les choses sexuelles honnêtement et proprement. »
Très bel état des couvertures.




