En trente-trois morceaux
Préambule et postface inédits.
Un des 50 exemplaires sur vélin pur chiffon d'Arches (n° 3), avec l'eau-forte originale en trois couleurs signée de Char en frontispice. Elle est réservée aux 58 premiers exemplaires ; elle est justifiée et titrée : « épreuve d'artiste / démon déguisée en roseau ».
Envoi signé : « Au Docteur Zara avec ma sympathie amicale René Char. »
« Une des nuits dernières, passant ici et songeant à lui [Marcel Proust], la masse verticale et peu illuminée de mes premiers ouvrages posée en équilibre sur ma tête, j’avançais sans prudence. De loin en loin une mèche d’arbre surgissait dans l’intervalle de deux maisons. Soudain – à la suite de quelle maladresse ?- la tour de mes poèmes s’écroula au sol, se brisa comme verre. Sans doute, forçant l’allure et rencontrant le vide, avais-je voulu saisir, contre son gré, la main du Temps – le Temps qui choisit -, main qu’il n’était pas décidé à me donner encore. Le Marteau sans maître, Placard pour un chemin des écoliers, Art bref, Dehors la nuit est gouvernée, n’avaient plus du livre que le nom. Je ramassai trente-trois morceaux. Après un moment de désarroi je constatai que je n’avais perdu dans cet accident que le sommet de mon visage. »
Cahiers de l’Herne, 228 ; Coron, GLM, 409 ; PAB, René Char, 70 ; L’Herne, Bibliographie, p. 279, n° 228.


