Isabelle

Paris, Nouvelle Revue française, (29 mai) et (20 juin) 1911.
Remarquable ensemble des deux éditions originales du titre, augmenté du tirage spécial pour les XX et d'une édition pirate, de faussaire en vérité.

3 vol. (120 x 180 mm) et 1 vol. (150 x 225 mm), en feuilles.

Remarquable ensemble des deux éditions originales du titre, augmenté du tirage spécial pour les XX et d’une édition pirate, de faussaire en vérité.

Le deuxième livre publié par la N.R.F., quelques jours après L’
Otage de Paul Claudel.

Il comprend :

  • L’un des rarissimes exemplaires rescapés de la véritable édition originale, achevée d’imprimer le 29 mai 1911
  • La première édition publique, corrigée, parue un mois tard ;
  • Le tirage spécial à 20 exemplaires réimposés pour « Les XX » ;
  • Un faux-vrai tirage fautif.

Le premier tirage, établi à 500 exemplaires sur vergé d’Arches par les presses Sainte-Catherine de Bruges, fut presque intégralement envoyé au pilon à la demande de Gide. L’auteur, qui surveillait avec une attention extrême la composition et l’impression de ses livres, avait constaté que dix pages comptaient 24 lignes au lieu des 23 prévues : les pages 43, 53, 55, 72, 75, 85, 94, 120, 122 et 156.

Les exemplaires de cette première émission se reconnaissent grâce à quatre particularités : l’achevé d’imprimer daté du 29 mai 1911, les dix pages fautivement justifiées et le mot « Édition » imprimé au singulier sur la couverture et un fleuron au dos à la place du logotype nrf. Gaston Gallimard déclara n’en avoir conservé que six pour les archives ; la bibliographie consacrée à Gide estime qu’une dizaine, peut-être un peu davantage, échappèrent finalement à la destruction.

Un nouveau tirage fut achevé le 20 juin suivant. D’une présentation presque identique, il corrige les défauts de justification et porte « Éditions » au pluriel sur sa couverture et logo nrf au dos.
Son tirage est de 500 exemplaires.

Nous présentons un exemplaire « faux-vrai » : il est constitutivement un exemplaire de seconde émission, mais un « habile » faussaire a réalisé un fac-similé de l’achevé d’imprimer du mois de mai, à fin de faire croire qu’il s’agit du tirage fautif, qui n’existe qu’à quelques unités. Les autres points permettent de se rendre compte de la supercherie, de même que l’étude approfondie de ce fac-similé. N’en reste pas moins un exemplaire éloquent d’un « faux livre » !

Enfin, nous complétons avec un tirage rare, réimposés sur grand papier pour la société bibliophilique des XX, établis lors de cette seconde émission : ils ne possèdent donc pas les particularités du premier tirage du 29 mai. Ils sont réservés aux membres plus deux hors commerce (pour Gaston Gallimard et André Gide), et sont tous signés par l’auteur. Un autre tirage réimposé existe, officiel celui-ci, à 50 exemplaires sur vergé d’Arches, au bénéfice de la NRF.

Isabelle appartient aux commencements mêmes des Éditions de la Nouvelle Revue française. Avec L’Otage de Paul Claudel et La Mère et l’Enfant de Charles-Louis Philippe, le récit figure parmi les trois premiers livres publiés sous le nouveau sigle éditorial.

Talvart et Place, VII, p. 45, 28c ; André Gide, Bibliothèque nationale, 1970, n° 442 ; Van den Abeele, « Des livres d’André Gide imprimés par les presses Sainte-Catherine », Bulletin des Amis d’André Gide, XXXII, n° 142, pp. 200 et suiv. ; Vignes, 4.

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