Les Ombres errantes
Envoi signé : « pour Jean-Claude Lamy, avec l'amitié de Pascal Quignard ».
Bandeau éditeur conservé.
Premier volume du cycle du Dernier royaume, Les Ombres errantes paraît en même temps que les deux suivants, Sur le Jadis et Abîmes.
Il l’emporte au troisième tour de scrutin, avec six voix, contre deux à Olivier Rolin (Tigre en papier au Seuil) et deux à Gérard de Cortanze (Assam chez Albin Michel) : l’un des Goncourt les moins commerciaux des vingt dernières années, critiqués par certains membres du jury, dont Jorge Semprun, jugeant qu’il n’ouvrait « […] aucune voie littéraire nouvelle. Ce n’est pas un problème qu’il ait moins de lecteurs que d’habitude, car un livre écrit pour 20 000 personnes peut mériter le prix. Mais c’est très classique, très convenu et très prolixe ».
Un couronnement dont se serait presque passé Quignard, lui qui, dans ce texte, parle de ces hommes qui sont « des trous d’acide dans la vie sociale accoutumée (…) Mon embarras est que, depuis que je me suis retiré de tout, voici sept ans, je ne parais plus au moment des prix. C’est pour moi un paradoxe, un heureux paradoxe, de recevoir un prix pour un livre dont j’avais choisi la date de parution afin qu’il ne soit pas question de prix ».
Depuis, Quignard avance à l’écart, bâtissant Dernier royaume volume après volume et prolongeant une trajectoire déjà populaire : Tous les matins du monde (1991), roman puis film d’Alain Corneau, avait révélé au grand public la voix singulière de Quignard et son goût de la musique ancienne.
