Dieu est né en exil
Un des 60 premiers exemplaires sur hollande, celui-ci parmi les dix exemplaires réservés aux membres du Goncourt, imprimé pour Armand Salacrou.
Prix Goncourt 1960. Ce roman, présenté comme le journal fictif d’Ovide durant ses années d’exil à Tomes, sur les rives de la mer Noire, fit sensation, avant de faire scandale. Dans une langue ample et méditative, Vintila Horia explore la condition de l’exilé, condamné à un bannissement infini, mais trouvant dans l’épreuve une voie spirituelle : « Dieu est né en exil ». L’ouvrage, salué pour sa beauté littéraire, semblait inaugurer une carrière majeure, et est primé le lundi 28 novembre 1960, face à Henri Thomas et Albert Simonin. C’est Pierre Desgraupes qui annonce la nouvelle au lauréat, qui attendait, en compagnie de Thomas, les résultats dans le restaurant d’en face.
Mais le triomphe tourna rapidement à la contreverse : la presse révéla l’adhésion passée de l’auteur, roumain émigré, au régime fasciste de la Garde de Fer. L’onde de choc fut immense : sous la pression de la polémique, Horia renonça officiellement au prix, bien qu’il n’ait jamais été formellement destitué par l’Académie. « Je renonce au prix, par amour de la France et par respect à l’Académie Goncourt ». Ce cas demeure unique dans l’histoire du prix.
Exemplaire nominatif offert à Armand Salacrou, l’un des dix membres du jury Goncourt. Ce tirage de tête, imprimé le jour même de l’annonce, est des plus confidentiels et illustre l’un des épisodes les plus controversés de l’histoire du prix Goncourt, où la gloire littéraire se mua en scandale politique.

