Les Bêtes – Le Temps des morts

Paris, Gallimard, (5 février et septembre) 1953.
2 vol. (120 x 190 mm) de 204 et 173 p. Brochés, non coupés, sous étui.
Édition originale.

Un des 55 et 50 premiers exemplaires sur vélin pur fil (n° 29 et n° 8).

Envois signés : « Pour Monsieur Daniel Sicklès, en lui redisant ma sympathie au seuil de ces histoires en fin de compte humaines » ; « Pour Monsieur Daniel Sicklès, bien cordialement, cette ouverture sur la nuit, Pierre Gascar ».

Prix Goncourt 1953. Couronné pour Les Bêtes, Pierre Gascar (1916-1997) reçut le prix non pas pour un roman, mais pour un recueil de six nouvelles. Loin des fables, ce sont des textes durs, nourris par son expérience de la guerre et de la captivité, où la promiscuité avec chevaux, rats ou chiens révèle les instincts de survie, la fraternité comme la brutalité. Publié la même année, Le Temps des morts prolonge cette exploration de la condition humaine.

Gascar fut longtemps salué comme une voix singulière de la littérature française, mais son oeuvre, inclassable, échappa aux catégories. Ses dizaines de livres parus chez Gallimard l’installèrent dans un dialogue fertile avec les Nouveaux Romanciers, tout en poursuivant une veine profondément personnelle. Visionnaire, il plaça dès les années 1970 l’écologie au coeur de la littérature, en publiant Le Présage, recueil consacré aux lichens, métaphore de la fragilité du vivant face à la pollution. Il fut de ceux qui, à l’heure de la Conférence de Stockholm et des premiers journaux écologistes, firent entendre la voix de la nature malmenée.

Cet écrivain célébré, lauréat du Goncourt en 1953 et du Grand Prix de l’Académie française en 1969, admiré par Kenzaburô Ôé, a peu à peu sombré dans l’oubli. Sa redécouverte apparaît aujourd’hui d’autant plus nécessaire que ses textes, portés par une écriture des sens, résonnent avec la conscience environnementale contemporaine.

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