L’Avenir de la science

Pensées de 1848
Paris, Calmann Lévy, 1890.
1 vol. (150 x 230 mm) de 541 p. et 1 f. Demi-maroquin bleu à coins, dos à nerfs, titre doré, date en pied, tête dorée, couverture et dos conservés (reliure signée de S. David).
Édition originale.

Un des 20 premiers exemplaires sur Japon (n° 12).

L’Avenir de la science est l’un des livres les plus singuliers de Renan : oeuvre de jeunesse publiée au seuil de la vieillesse, c’est le testament différé d’un jeune homme de 25 ans donné au public par un écrivain déjà consacré. Rédigé dans l’effervescence intellectuelle de 1848 et achevé l’année suivante, l’ouvrage ne paraît qu’en 1890, quarante ans après sa composition, deux ans seulement avant la mort de l’auteur. Entre ces deux dates, Renan est devenu le grand historien des religions, le philologue de Vie de Jésus, le penseur de Qu’est-ce qu’une nation ?, l’homme du Collège de France et de l’Académie française.

Le sous-titre, Pensées de 1848, est capital : il inscrit le livre dans une année de révolution, d’utopies politiques et de refondation intellectuelle. Pour Renan, l’avenir de l’humanité ne doit plus être remis aux dogmes mais doit passer par la science, entendue au sens le plus large. Non seulement les sciences de la nature, mais aussi les sciences de l’humanité, la philologie, l’histoire, la critique des textes, l’étude des religions, des langues et des oeuvres. Renan rêve d’une « science de l’esprit humain » : la substitution de l’histoire critique à la théologie, la confiance dans la méthode philologique et le désir d’appliquer aux faits de l’esprit la rigueur des sciences positives : non une croyance de remplacement, mais une discipline du vrai, du bien et du beau.

La préface de 1890 ajoute encore à l’intérêt du volume. Le Renan âgé y revient sur l’enthousiasme du jeune homme, sans tout à fait le renier, mais continue d’y reconnaître l’élan fondateur de sa vie intellectuelle.

Rare exemplaire de tête, très bien établi par David : l’un des premières de Salvador David, successeur de son père Bernard David, à partir de 1890, jusqu’en 1927. Il fut l’un des principaux relieurs de Descamps-Scrive.

Vicaire, VI, 1035 ; Clouzot (qui ne mentionne que 30 exemplaires de tête sur hollande ).

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