Texte attribué à Henri de Codony et édition établie par Bertrand Guégan.
Édition illustrée de 6 eaux-fortes originales de Jean-Émile Laboureur.
Un des 5 premiers exemplaires sur japon (n° 2), avec suites.
Paris, 1625. Le procès intenté à Théophile de Viau pour son rôle supposé dans la publication du Parnasse satyrique se poursuit, entre témoignages à charge, interrogatoires et violences pamphlétaires. Celui que ses contemporains avaient pu appeler le « roi des esprits » ou le « premier prince des poètes » sera finalement condamné au bannissement, après une longue incarcération qui aura épuisé ses forces. Affaibli, malade, il mourra exactement un an plus tard.
C’est dans ce climat de persécution religieuse et morale que paraît, sans nom d’auteur, sans lieu ni libraire, un mince roman clandestin : Les Avantures satyriques de Florinde, habitant de la Basse Région de la Lune. Il y est précisément question des persécutions subies par un poète libertin de la part des autorités religieuses de son pays, pour avoir écrit des vers satiriques, affrontant la critique de son temps sous le masque du voyage imaginaire, de la satire et du roman baroque.
Rare dès l’origine, l’ouvrage demeura longtemps presque introuvable.
« Très rare, inconnu à Brunet », écrivait déjà le rédacteur de la notice consacrée aux Avantures satyriques de Florinde dans le catalogue de la bibliothèque Guilbert de Pixérécourt, qui contribua à remettre le livre en lumière au début du XIXe siècle. L’exemplaire, alors le seul connu, est ensuite passé dans la collection de Pierre Louÿs, et servit à Bertrand Guégan pour cette réédition de 1928 ; un autre, conservé à la bibliothèque Mazarine, permit plus récemment d’établir une nouvelle édition critique dans les Classiques Garnier.
Par sa narration à la première personne, ce petit livre occupe une place très singulière dans l’histoire du roman français ; il est ici admirablement illustré par Laboureur pour le fameux Au Cabinet du Livre, qui s’était spécialisé dans les ouvrages de bibliophilie à tirage restreint.
Bel exemplaire ; quelques frottements à la reliure.
Mahé, Bibliographie des livres de luxe de 1900 à 1928, t. I, p. 88 ; Carteret, Le Trésor du bibliophile. Livres illustrés modernes, t. IV, p. 49 ; Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes, t. I, p. 116, n° 654.




