Le Poids du ciel

32 astrophotographies de M. Kerolyr
Paris, Gallimard, (19 août) 1938.
1 vol. (210 x 290 mm) de 248 p., [3] et 1 f. Maroquin bleu nuit, doublures et gardes de daim bleu, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos illustrés conservés, chemise demi-maroquin bleu nuit à bandes, étui bordé (reliure signée de J.-P. Miguet).
Édition originale. Illustrée de 32 photographies hors-texte.

Un des 7 premiers exemplaires sur chine, celui-ci hors commerce (n° A).

Envoi signé : « à Amédée Sennac, cet arc qui joint le ciel aux épaules de l'homme. Jean Giono, Manosque, Dec. 38 ».

Monté en tête : brouillon autographe (1 f. sur papier pelure), esquissant les thématiques du livre, notamment la condition des paysans et la critique des idéologies modernes : « […] là on gagne de l’argent, là on gagne des symboles. Nulle part on ne gagne la joie de vivre. Ni dans un endroit ni dans l’autre la vie est sacrée, dans l’un et dans l’autre endroit, on en fait bon marché. Rien ne compte d’autre que les enjeux… ».

À la veille de la guerre, Jean Giono rassemble trois textes (Danse des âmes modernes, Les Grandeurs libres, Beauté de l’individu) et prolonge ainsi la méditation des Vraies richesses. On y retrouve son exaltation de la vie naturelle, sa critique du machinisme, son pacifisme radical dont, ici, l’horizon s’élargit : il convoque le cosmos comme métaphore de l’homme, plaçant le paysan et l’individu en résonance avec l’univers.

Pour incarner ce lien, Giono choisit d’illustrer son livre non par des images rurales, mais par des astrophotographies. Pour ce faire, il fait appel à Marcel de Kérolyr (1889 ?-1969), dont le travail de photographe, découvert deux ans plus tôt, l’avait séduit. Pionnier en photographies astronomiques, attaché comme observateur à la station d’astrophysique de l’Observatoire de Paris située à Forcalquier, Kérolyr donnera pour cette édition 32 clichés de constellations et nébuleuses.

Dans sa biographie de l’auteur, Pierre Citron rappellera : « […] C’est avec Le Poids du ciel que Giono inaugure une technique particulière qu’il utilisera jusqu’à sa mort : l’usage de carnets qui lui servent en quelque sorte de palette. » Simples carnets à spirale qui restent en permanence sur son bureau, à côté de son manuscrit de travail lequel sera, à partir de cette époque, peu raturé « […] certaines phrases n’y prennent place qu’après avoir été pesées, essayées parfois sous plusieurs formes. »

Magnifique exemplaire, précieux à plus d’un titre et en parfaite condition.

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