Les Jeux sauvages

Paris, Gallimard, (21 septembre) 1950.
1 vol. (140 x 200 mm) de 350 p. et [1]. Demi-maroquin bordeaux à coins, dos à nerfs, tire doré, date en pied, tête dorée, couvertures et dos conservés (reliure signée de Devauchelle).
Édition originale.

Un des 43 premiers exemplaires sur vélin pur fil (n° 21).

Montés en tête : 3 tirages photographiques légendés au dos, représentant l'auteur devant chez lui, à Sens.

Né en 1920, Paul Colin est couronné à trente ans pour ce premier roman, Les Jeux sauvages.

Dans la France encore marquée par la guerre, ce roman d’une noirceur radicale frappa par son style dépouillé et sa brutalité psychologique. Mais le choix questionne : deux favoris se détachent, André Dhôtel, et Marguerite Duras, avec son Barrage contre le Pacifique. « C’est tellement serré qu’au cinquième tour l’emporte celui que personne, absolument personne, n’avait songé à envisager comme goncourable. Même pas Philippe Hériat, qui lance son nom comme ça, pour voir, sait-on jamais, dans l’espoir de débloquer la situation : Paul Colin, auteur de Jeux Sauvages. Qui ça ? » (Pierre Assouline, Du côté de chez Drouant).

L’écho fut immédiat mais restera controversé. Très vite, une rumeur se répandit à Paris : le Goncourt 1950 serait un échec commercial. Pour y mettre fin, Gaston Gallimard fit constater par huissiers les tirages effectués chez Brodard et Taupin, Grévin et à l’Imprimerie moderne et, en février 1951, fit publier dans la Bibliographie de la France deux pages spectaculaires : d’un côté les procès-verbaux des huissiers, de l’autre, en caractères massifs, la mention « 122 500 exemplaires, tirage justifié par huissier ». La rumeur s’éteignit aussitôt, mais la confusion entre « tiré » et « vendu » ne fut jamais totalement dissipée…

Le prix fit cependant entrer Paul Colin dans l’histoire littéraire, même si sa carrière ultérieure ne confirma pas les promesses de ce premier roman. Et donna longtemps des regrets à Marguerite Duras !

Bel exemplaire.

#31984
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