Mon village à l’heure allemande

Paris, Flammarion, 1945.
1 vol. (120 x 185 mm) de 307 p. et [1] f. Broché.
Édition originale.

Un des 220 exemplaires sur vélin des Vosges (n° 33).

Jean-Louis Bory (1919-1979), âgé de vingt-six ans à peine – le plus jeune lauréat du prix – rédigea ce premier roman de mai à juillet 1944, dans sa ville natale de Méréville (transfigurée en Jumainville), alors qu’il participait aux maquis d’Orléans et d’Angerville.

Le 14 décembre 1945, l’Académie Goncourt, réunie chez Drouant, remit coup sur coup les prix interrompus par la guerre : celui de 1944 à Elsa Triolet (Le premier accroc coûte deux cents francs) et celui de 1945 à Bory pour ce roman. Rarement premier livre aura correspondu aussi exactement aux attentes et aux blessures de ses contemporains : chronique d’un village de la Beauce sous l’Occupation, il parle à chaque Français qui sort alors de quatre années de guerre et de collaboration.

Le succès fut immédiat et massif : plus de 300 000 exemplaires vendus en quelques semaines, salué par Paul Morand et Colette. Mais ce triomphe foudroyant pesa lourdement sur son auteur. Jean-Louis Bory, professeur au lycée Henri-IV, poursuivit sa carrière dans la critique littéraire et cinématographique. Figure du Masque et la Plume aux côtés de François-Régis Bastide, il devint une voix emblématique de la critique culturelle d’après-guerre.

On lui devra le générique de l’émission (d’après La Fileuse, de Mendelssohn), la petite cascade de piano par laquelle débute la célèbre émission sur France Inter. Une ritournelle choisie en 1978 par François-Régis Bastide, alors présentateur de l’émission, pour remonter le moral de son chroniqueur. Cela ne fut pas suffisant : en juin 1979, miné par la dépression, il mit fin à ses jours dans sa maison de Méréville.

De la bibliothèque « Prix Goncourt » de Gérard Pouguet, avec ex-libris.

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