Batouala
Un des 30 premiers exemplaires sur vergé pur fil (n° 7).
Avec Batouala, René Maran entre dans l’histoire comme le premier écrivain noir couronné par l’Académie Goncourt. Guyanais de naissance, formé à l’occidentale, il exerçait alors comme administrateur colonial en Oubangui-Chari lorsqu’il fit paraître ce roman. Son geste fondateur consista à dépeindre, de l’intérieur, la vie d’un village africain, en rompant avec les plus imbéciles clichés et l’imagerie exotique traditionnelle.
Classique dans sa forme, Batouala fut révolutionnaire par son propos : sa célèbre préface dénonçait avec vigueur la destruction des cultures africaines et l’exploitation coloniale. Ce texte valut à son auteur d’être persécuté et censuré par l’administration, malgré le prestige du prix Goncourt. L’édition augmentée de 1937, avec une nouvelle préface, reviendra sur ce scandale en soulignant combien « il faut avoir un singulier courage pour dire simplement ce qui est ».
Ce choix du jury apporte à Albin Michel – déjà éditeur du lauréat 1917 avec La Flamme au poing – un second Goncourt, et récompense la maison d’édition de l’un des livres les plus marquants de l’entre-deux-guerres.
De la collection « Goncourt » de Gérard Pouguet (ex-libris).
