Les Civilisés
Premier tirage, sans mention.
Il n'a été tiré que 5 exemplaires en grands papiers, sur hollande.
Envoi signé : « Au capitaine de Brémond d'Ars, l'auteur envoie ce livre, en souvenir d'une amitié qui lui est chère, Claude Farrère ».
Prix Goncourt 1905. Ancien officier de marine, Claude Farrère transpose dans Les Civilisés son expérience de l’Extrême-Orient colonial, livrant un roman nourri d’exotisme, de décadence et de corruption. L’ouvrage dépeint l’Indochine française à travers intrigues, opium, rivalités et sensualité trouble, avec une ironie parfois féroce. Au moment où il reçoit le Goncourt, Farrère est à bord du Saint-Louis, le cuirassier sur lequel il sert, puisqu’il est alors enseigne de vaisseau et qu’il sera promu lieutenant l’année suivante ; il aura quitté la France en octobre, juste après la corrections des dernières épreuves du texte (corrigées depuis l’imprimerie de Saint-Denis entre avril et septembre) et une parution en décembre, portant millésime 1906. Juste à temps pour faire parvenir des exemplaires au jurés Goncourt, captivés par cette une épopée exotique et ce réquisitoire anti-colonialiste. Ils éjectent ainsi de la liste Romain Rolland et son Jean-Christophe au profit des Civilisés, « roman d’une étrange facture, [qui] justifie sa valeur rare le choix que les Dix viennent de faire » (Le Temps, 9 décembre 1905),
Précieux exemplaire enrichi d’un envoi de l’auteur au capitaine François de Brémond d’Ars (1867-1914), officier de cavalerie, attaché militaire à Athènes avec le grade de capitaine, devenu en 1908 chef d’escadrons au 14e Hussards et mort pour la France à Ethe le 22 août 1914.
