La Révolution dans les moeurs
Un des 2 seuls exemplaires réimposés, sur vélin.
L'édition courante est in-12, sans tirage en grand papier.
Montée en tête : lettre autographe signée d'Edmond de Goncourt (datée d'avril 79), dans laquelle il évoque la vente publique d'un certain « J.J . » où il se gardera d'aller et d’ajouter que là où son interlocuteur pourrait y voir un sens caché, c’est peine perdue : « Cher chercheur des petites bêtes, il n'y en a pas là où vous voulez en trouver… ».
Très tôt, les deux frères Goncourt font du XVIIIe siècle leur territoire intellectuel : avant leurs séries des Portraits intimes du XVIIIe siècle, ils avaient déjà donné plusieurs essais où s’exprime cette fascination dont, dès 1854, cette Révolution dans les moeurs. Ils y opposent un XVIIIe siècle idéalisé à un XIXe siècle livré à l’affaiblissement des anciennes disciplines familiales et morales.
Les pages notamment consacrées à la famille, à l’autorité paternelle ou à l’éducation des jeunes filles montrent des Goncourt moralistes, et qui dressent un réquisitoire contre les illusions égalitaires et les ambitions sociales modernes. Point de modernité d’idée donc, mais signalons une modernité de méthode : ils font oeuvre neuve par l’attention qu’ils portent aux moeurs, aux types, aux détails du quotidien. là que réside leur véritable nouveauté. Une méthode qui nourrira bientôt le naturalisme dont Émile Zola deviendra l’architecte.
Clouzot, p. 135 ; Carteret, I, p. 350 ; Vicaire, III, 1028.


