Châtiments

En France [Bruxelles, typ. Samuel, (novembre)] 1853.
1 vol. (85 x 145 mm) de [3] f. (dont le front.), III et 392 p. Demi-chagrin rouge à coins, dos à nerfs orné de fleurons dorés, double filet à froid sur les plats, tête cirée sur témoins (reliure postérieure).
Édition clandestine.

Un des 16 exemplaires sur vélin fin de Hollande (n° 16) - après 6 de tête sur chine.

À la suite du coup d’État du 2 décembre 1851 qui voit l’arrivée au pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte, Victor Hugo doit s’exiler. Après avoir interrompu Histoire d’un crime qu’il ne fera paraître qu’en 1877 et au moment où il commence à rédiger son pamphlet Napoléon-le-petit, Hugo a déjà en tête son pendant satirique, qu’il songe à appeler Les Vengeresses, puis Le Chant du Vengeur, avant de chosir le seul mot de Châtiments, un « titre menaçant et simple, c’est-à-dire beau », écrit-il à son éditeur Hetzel.

Le recueil connaît une double édition à Bruxelles en novembre 1853, une version officielle, auto-censurée par des lignes de points, que Hugo nomme « l’Eunuque », et une version clandestine, à l’adresse fantaisiste de « Genève & New-York ». Sur cette édition complète furent réimposés et tirés à part 22 exemplaires en grands papiers (six sur chine et seize sur hollande), dont le typographe bruxellois Samuel se montra très satisfait : « je regrette, écrit-il, de vous avoir envoyé les premiers cinq mille : les seconds sont infiniment mieux… ». La seule variante des grands papiers est l’adresse « En France », qui remplace celle de « Genève & New-York ».

La première édition, clandestine comme toutes les autres, est tronquée ; un grand nombre de vers y sont remplacés par des lignes de points car la loi Faider interdisait en Belgique de publier quoi que ce soit contre un souverain étranger.

La préface contient la déclaration suivante : « Il a été publié à Bruxelles une édition tronquée de ce livre précédée des lignes que voici : « le faux-serment est un crime ». Les quelques lignes qu’on vient de lire, préface d’un livre mutilé, contenaient l’engagement de publier le livre complet. Cet engagement, nous le tenons aujourd’hui. V.H. ».

Flavien Michaux, Essais bibliographiques concernant les oeuvres de Victor Hugo parues pendant l’exil ; Vicaire, IV-313 ; absent de Carteret et Clouzot.

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