Le Livre de la jungle
Exemplaire de remise en vente de 1915 (couverture et page de titre), mais avec le bon feuillet de l'achever d'imprimer de l'édition originale (1907).
L'exemplaire de Maurice Genevoix avec son ex-libris manuscrit - acheté à Orléans à la librairie R. Houzé (étiquette en 2e de couv.)
Plus encore que Jack London, deux livres sont fondamentaux dans la formation du jeune Maurice Genevoix : L’Enfant des bois, d’Élie Berthet, qui l’invitera à de premières rêveries, puis Le Livre de la jungle de Kipling. Il en donnera, dans Trente mille jours (p. 161-163), deux remarquables pages. Dans les quelques livres qu’il emporte pieusement à l’Ecole Normale Supérieure figure cet exemplaire, après l’avoir déjà lu dans ses années de lycée, interne à Orléans. « Pour la première fois, je me voyais matriculé : numéro 4. On penserait à la vie militaire si l’on n’avait pas connu aussi, aux premières années de ce siècle, la vie d’un élève interne dans un lycée de préfecture française. Tout ce qu’évoque le mot « caserne », c’est là que je l’ai connu, à 10 ans, au lycée Pothier, rue Jeanne d’Arc : un juriste, une rue noble et froide, droite et raide comme la justice, tirée d’un rigoureux cordeau entre la rue Royale et la cathédrale Sainte-Croix. [J’y ai] pour consolation le goût très vif de la camaraderie et le prodigieux trésor qu’est la lecture » qui lui ouvre un autre univers. Jules Verne l’ennuie, il s’enthousiasme pour Sans famille d’Hector Malot, avant de se plonger dans London ou Kipling. (in Maurice Genevoix, Chemins de mémoire).
Il l’aura pieusement conservé par la suite l’exemplaire dans sa bibliothèque d’adulte et y reviendra souvent dans son oeuvre ; il en donnera, des années plus tard, une longue causerie dans l’émission « Les Grandes conférences » de la RTF, en septembre 1953.
De la bibliothèque Maurice Genevoix (ex-libris).

