Petit traité de poésie française
Titre-frontispice de H. Catenacci, gravé par H. Catenacci, gravé par F. Meaulle.
Le Traité paraît en livraison pendant l’été et l’automne 1871, au moment où Rimbaud arrive à Paris, où il est successivement hébergé chez Verlaine, en septembre, puis chez Banville, en novembre. Ce dernier faisait une constatation alors exacte : « Notre outil, c’est la versification du seizième siècle, perfectionnée par les grands poètes du dix-neuvième, versification dont toute la science se trouve réunie en un seul livre, La Légende des Siècles de Victor Hugo, qui doit être la Bible et l’Évangile de tout versificateur français ».
Partant, Banville se fait le défenseur acharné de la rime (« La rime est l’unique harmonie des vers, et elle est tout le vers »), à l’image du pantoum qu’il définit, modèle et théorise, de l’acrostiche, ou de la sextine, qu’il attribue, en tête du chapitre X, De quelques curiosités poétiques, à son dédicataire, le Comte de Gramont : « C’est un de nos poètes les plus savants et les plus délicats, M. le comte de Gramont, qui, d’après la Sextine italienne de Pétrarque, inventa, créa la Sextine française en triomphant d’innombrables et de terribles difficultés ».
Sa première sextine parut dans la Revue parisienne de Balzac, qui se fera critique pour la circonstance et se chargera lui-même d’expliquer aux lecteurs ce qu’est une sextine et « de les édifier sur le goût impeccable et sur la prodigieuse habilité d’ouvrier qu’elle exige du poète » (Anthologie des poètes français). Lorsque Rimbaud arrive chez Verlaine à Paris en septembre 1871 la publication du petit traité de Banville s’achevait dans les livraisons de L’Écho de la Sorbonne. Si l’on sait que Rimbaud logera chez Banville en novembre 1871 après avoir été hébergé chez Verlaine puis Charles Cros, il est hautement improbable que Rimbaud et Verlaine aient pu ignorer cette publication. Quoi qu’il en soit le Traité paraîtra en volume à la fin de l’année 1871 (et non en 1872 comme il est communément admis).
« Premier art poétique français important depuis ceux de Malherbe et de Boileau » (Berès, Stendhal, Baudelaire et leurs émules, 69).
De la bibliothèque Albert Natural (ex-libris).


