Lettre autographe signée à Paul Ramadier
Au coeur du long gouvernement Guy Mollet (IVe République), Guitry, criblé de dettes – dont celle de cinquante millions due au fisc -, multiplie démarches et suppliques ; tout en difficulté, il n’en finance pas moins, sur ses emprunts, les obsèques de Paul Léautaud et de Charlotte Lysès au début de 1956. La présente missive s’inscrit dans l’échange avec Paul Ramadier, ministre influent auquel Guitry expose que ses films (Versailles, Napoléon, Paris) ont déjà rapporté « plus d’un milliard » à l’État ; un réexamen de dossier suivra, avec remise partielle de pénalités grâce à l’aide du ministre, lequel acceptera de plaider sa cause, mais en précisant bien que « l’administration fiscale ne peut effacer votre dette. Cependant, après avoir fait réexaminer votre dossier, j’ai le plaisir de vous annoncer que votre dette est réduite de 17 millions. Il vous faudra donc régler 33 millions. Je ne peux faire mieux, croyez-moi » (cité in C’était Sacha Guitry, p. 240).
Guitry, acculé, cèdera en sous-main quelques tableaux majeurs (Manet, Modigliani, Cézanne, et un fameux Toulouse-Lautrec, Rouge) afin d’apurer ses dettes.

