Gédéon meccano
Avec sa planche gravée en couleurs et rehaussée, toutes deux numérotées 44 en haut à droite et « cachet 42 » au verso de la planche originale.
« Je m’ennuie », dit un jour le bon canard Gédéon à son ami Placide. « Pour guérir l’ennui, je ne connais pas de meilleur remède que voyager, voir du pays » : voici le thème de Gédéon mécano, cinquième aventure du célèbre canard de Benjamin Rabier, album publié chez Garnier en 1927, après Gédéon, Gédéon Sportsman, Gédéon en Afrique et Placide et Gédéon. On y retrouve Gédéon, Placide le chien et Bout-de-Zan le singe lancés sur les routes de campagne, à bord de leur automobile, dans une équipée mécanique aussi bruyante que comique.
Créé en 1923, Gédéon est l’un des grands personnages de l’imagerie enfantine de l’entre-deux-guerres. Avec lui, Rabier, déjà passé à la postérité pour avoir « fait sourire les animaux » et pour l’image de la Vache qui rit, porte à un rare degré de limpidité son trait de contour, la mobilité de ses figures et l’efficacité immédiate de sa narration. Elle sera souvent regardée, jusque chez Hergé, comme l’une des sources de la ligne claire.
La première planche laisse voir la sûreté du trait, l’économie expressive et la science du mouvement propres à Rabier ; la seconde montre le passage à l’image publiée, avec l’éclat décoratif de la couleur.
Rare témoignage sur le travail même de l’artiste, l’intérêt de l’ensemble tient à la réunion du dessin original et de son état imprimé rehaussé, qui permet de suivre d’un seul regard la transformation d’une image de création en image d’album.
Excellente condition.


