« Avant l'aube si tu m'en crois, écris à ta maman S.M. »
Émouvant objet personnel de la fille de Stéphane Mallarmé, née en 1864 : il contient plusieurs buvards roses, avec quelques décharges d’encre de son écriture soignée. On y déchiffre quelques bribes : « … envoie mes bons souvenirs. G. Bonniot », « suis installée dans ce… », « Monsieur Delachaise, Avon », ainsi qu’une date sur la doublure : « 24 juin ».
Ces deux vers de Stéphane Mallarmé resteront longtemps inédits, pour n’être publiés que dans Vers de circonstance, réunis 1920 par Geneviève Mallarmé elle-même et Edmond Bonniot (le gendre du poète) : il rassemblent, dans ce recueil, tous les petits riens qui ont fait battre le pouls du quotidien de Stéphane Mallarmé sans avoir jamais paru, des rassemblement de quatrains, distyques, rondelets, triolets et sonnets éparses qui témoignent de la tendresse et de la gaité du poète.
Ils ont été composés entre 1880 et 1898, et celui-ci est sans doute l’un des plus anciens. Sa fille est alors âgée de seize ans. Nos deux vers sont à rapprocher de deux autres, également recueillis dans les mêmes Vers de circonstance :
« Je souhaite que ce buvard
Sous tes doigts devienne bavard ».
Cet objet a figuré à l’exposition Mallarmé du Musée d’Orsay, en 1998 (n° 186 du catalogue).





