Actes et Paroles

1870-1871-1872
Paris, Michel Lévy frères, 1872.
1 vol. (125 x 185 mm) de [2] f. (faux-titre et titre) et 220 p. Broché.
Édition originale.

Envoi signé : « à Louis Ulbach, Victor Hugo ».

Publié au lendemain de la guerre franco-prussienne et de la Commune, Actes et Paroles rassemble les discours, interventions publiques et textes politiques de Victor Hugo. L’ouvrage s’ouvre par le récit de son retour à Paris, le 1er octobre 1871, après dix-neuf années d’exil. Hugo se trouvait à Bruxelles lorsque éclata la Commune. S’il condamne certains excès des insurgés, il appelle également le gouvernement de Versailles à ne pas répondre aux violences par la vengeance. L’un des textes les plus célèbres du volume, « Pas de représailles », témoigne de cette position humaniste, exprimée au moment où la répression versaillaise entraîne des milliers d’exécutions.

Après l’écrasement de la Commune, Hugo fait savoir que sa porte reste ouverte aux proscrits. Il rend hommage aux vaincus et compose notamment le poème « Viro Major », dédié à Louise Michel. Cette attitude provoque une vive hostilité : dans la nuit du 27 au 28 mai 1871, sa maison bruxelloise du 3, Place des barricades est lapidée et le gouvernement belge décide finalement de l’expulser. Réfugié au Luxembourg, Hugo compose alors plusieurs textes qui formeront plus tard L’Année terrible.

Bel exemplaire offert à un compagnon de longue date, Louis Ulbach, avec lequel Hugo collabora en 1867 pour l’édition du Paris-guide avec Philippe Burty, dont Hugo rédigera la préface.

Écrivain et journaliste, critique redouté, Ulbach collabora à la Revue de Paris, dont il dirigea la rédaction avant de s’y consacrer à la critique littéraire. Sous son impulsion fut notamment publié Madame Bovary. Ulbach fut également l’un des promoteurs les plus actifs de l’oeuvre hugolienne et, au célèbre « dîner d’Hernani » de 1877, il prit la parole au nom de l’Association littéraire internationale – dont il deviendra président en 1880 – pour l’honorer. À sa disparition, il rédigea ce discours :

« Si je n’écoutais que la douleur d’une amitié de plus de quarante ans et si je n’obéissais qu’à l’admiration de toute ma vie, je me tairais devant le silence formidable de ce cercueil. Mais j’ai reçu de l’Association littéraire et artistique internationale, dont Victor Hugo était le président d’honneur, un mandat qu’il ne m’est pas permis de récuser (…) Victor Hugo est l’écrivain français le plus admiré hors de France ; non pas parce que nous l’admirons, car les étrangers parfois nous reprochent de ne pas l’admirer assez, tant ils sont saisis par la forte expansion de son génie (…). Gardons nos larmes pour le recueillement de demain mais aujourd’hui, ne résistons pas à cet entraînement d’un enthousiasme universel. C’est notre honneur d’y céder ».

Il publiera ensuite un Almanach de Victor Hugo (1885) puis une Vie de Victor Hugo (1886).

Timbre humide de Louis Ulbach en couverture, et étiquette de sa bibliothèque au dos.

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