Un des 109 premiers exemplaires réimposés sur vergé Lafuma, celui-ci hors-commerce (marqué E).
Gaspar Ruiz parut d’abord dans les numéros du Pall Mail Magazine de juillet à octobre 1906 puis en 1908 dans le recueil A Set of Six chez Methuen et Co, à Londres. Les contes qui le composent avaient été écrits au cours des trois années précédentes. Gaspar Ruiz fut achevé en janvier 1905, c’est-à-dire à une époque où l’esprit de Joseph Conrad baignait encore dans l’ambiance sud-américaine au milieu de laquelle il avait vécu, pendant les deux années qu’il consacra à imaginer et à écrire son roman : Nostromo, achevé au début de septembre 1904, alors qu’il n’était encore que le marin Jósef Teodor Konrad Korzeniowski.
Dans une lettre qu’il écrivait à son ami R.B. Cunninghame Graham, le 30 mars 1923, reprise dans sa note d’auteur Conrad indique : « J’ai trouvé l’idée de Gaspar Ruiz dans un livre du capitaine de vaisseau Basil Hall, Journal des Années 1820-21-22, un ouvrage dont vous avez peut-être entendu parler. Hall était un ami du général San Martin. L’original de Gaspar Ruiz est un homme nommé Benavides, franc-tireur sur la frontière méridionale du Chili pendant les guerres de l’Indépendance. Hall lui consacre une page ou deux – d’après ce qu’il avait entendu dire. Il m’a fallu inventer toute son histoire, trouver des raisons à ses changements de partis, et le cadre du récit. Et maintenant la composition et l’écriture de tout cela ne me semblent plus guère que le souvenir d’un rêve. »
Au cours de l’été 1920, Joseph Conrad tira de ce conte un scénario de film intitulé Gaspar, the Strong man, projet qui ne verra pas le jour.

