Des Seigneurs de la plaine à L’Hôtel de Mondez

Nouvelles
Paris, Julliard, (26 janvier) 1962.
1 vol. (150 x 2025 mm) de 285 p. et [1] f. Broché, non coupé.
Édition originale.

Un des 50 premiers exemplaires sur alfa d'Avignon, celui-ci un des hors commerce réservés à l'auteur.

Envoi signé : « Pour ma chère Madeleine qui connaît ces Seigneurs et connaît cette Plaine par cœur, comme elle connaît l'auteur dans la peine et dans le bonheur. Maurice, 1962 ».

La première nouvelle, Le Sonneur de Bien Aller, parut dans la revue Littérature en 1943 et constitue l’un de tous premiers textes écrits par Druon, qui le rédigea en compagnie de Joseph Kessel dans le sud de la France, à Anthéor, au pied de l’Esterel, dans la villa-refuge de Germaine Sablon.

C’est là, dans cette sorte de phalanstère azuréen, que Druon et Kessel vécurent plusieurs mois entre 1941 et 1942, fuyant Vichy et rêvant d’un avenir d’écriture et d’action. Kessel y écrira Les Maudru et amorcera Le Tour du malheur, tandis que Druon façonne ses premiers textes, Mégarée, La Dernière Brigade… et ce Sonneur de Bien Aller, premier jalon d’une oeuvre en devenir.

Ce récit d’allure médiévale et fantastique, tout imprégné de traditions rurales, de chasse et de sonneries d’attaque, met en scène un monde archaïque et brutal. Il évoque une mémoire collective en train de s’éteindre, un univers d’avant la machine, peuplé de seigneurs et de valets, de superstitions et de luttes sanglantes. Ce conte rude constitue la première – et la plus longue, avec à « L’Hôtel de Mondez » qui clôt le recueil – des 13 nouvelles qui composeront le recueil Des seigneurs de la plaine, publié vingt ans plus tard. Tout ce recueil, composé avant Les Rois Maudits, annonce l’univers de la fresque à venir.

Important exemplaire, offert à celle qui n’est alors que sa secrétaire particulière, mais déjà sa confidente : Madeleine Marignac.

Née en Espagne dans une famille de souche paysanne du Sud-Ouest, Madeleine Mérignac est la fille d’un officier de la Légion d’honneur mort prématurément. Élevée dans la rigueur, elle reçoit une instruction exigeante à la Maison d’éducation des Demoiselles de la Légion d’honneur, avant de suivre une formation de secrétaire chez Pigier. Indépendante, sérieuse, elle vit modestement rue de Grenelle, à quelques rues de Maurice Druon.

Elle rencontre ce dernier à la parution des Grandes Familles et devient sa secrétaire, dactylographiant ses manuscrits avec une rigueur orthographique et syntaxique remarquable. Présente à chaque étape de la rédaction des Rois Maudits, elle en devient une collaboratrice discrète mais constante. Son nom figure du tome I au tome VI – performance qu’elle ne partage qu’avec Pierre de Lacretelle et Georges Kessel.

Elle devient au fil des ans sa confidente, puis sa compagne, suppléant Edmonde Charles-Roux dans le coeur de Druon. Leur relation devient officielle en 1967, quand il rentre à l’Académie française, et le couple se marie l’année suivante.

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