Pomme d’anis

Paris, Émile-Paul frères, 1923.
1 vol. (165 x 220 mm) de 85 p., [3] et 1 f. + 7 planches. Broché, sous couverture verte rempliée.
Édition originale, illustrée de 8 gravures de Valentine Hugo [Jean Hugo].

Un des 15 premiers exemplaires sur vieux japon (n° 3), avec une suite des illustrations tirées sur vergé.

Pomme d’Anis est né d’une rencontre faite à la gare de Mont-de-Marsan, en 1904, lorsque Jammes observe depuis son wagon une jeune fille légèrement infirme – elle boitait – qui, se penchant à la fenêtre, voit arriver un jeune homme atteint de la même infirmité. « Pauvre garçon, aussi malheureux que moi », entend-il de la bouche de la jeune fille. Jammes s’empare alors de cette scène pour cette nouvelle dont il envoya les épreuves à Colette, avec qui une amitié solide s’était nouée depuis l’année précédente : « sa compréhension profonde de la campagne et de tous ceux qui la peuplent – hommes, bêtes et plantes -, sa pitié pour les humbles, son goût des vieilles demeures, des jardins parfumés […] rien de Francis Jammes qui n’éveillât en Colette une ardente résonance » (in Colette & Francis Jammes, une amitié inattendue). Cette dernière lui envoyant, pour qu’il les jugeât, ses premiers Dialogues de bêtes dont il donnera la préface.

Très bel ouvrage, illustré de charmantes gravures de Jean Hugo : celles faites initialement par Valentine, son épouse, furent perdues chez l’éditeur au moment du tirage et Jean Hugo, épousé en 1919, en composa huit nouvelles afin de les remplacer. En dehors des lettres documentant l’affaire, l’exemplaire de Francis Jammes détient cet aveu sans équivoque signé du couple : « Avec ma fidèle amitié, cette imposture, Valentine Hugo, Jean Hugo ».

Monod, I , 6353 ; Talvart, X, 70 ; Carteret, V, 111 : Anne de Margerie, Valentine Hugo.

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