À voix basse
Un des 18 premiers exemplaires sur japon impérial après un exemplaire d'auteur sur japon nacré (n° M).
Envoi signé : « au docteur René Giroux, qui m'éclairera, et me guidera peut-être dans ce voyage à tâtons parmi mes souvenirs. En cordial hommage, Francis Carco ».
Avec À voix basse, Francis Carco abandonne les figures du Milieu qui ont fait sa célébrité – de Jésus-la-Caille à ses chroniques de la pègre parisienne – pour se tourner vers une matière plus intime : celle du souvenir. L’écrivain y évoque son enfance et ses premières années, dans un ton qui est presque celui d’une confidence.
Carco reste, pour le grand public, « l’Homère de la voyouterie », selon le mot de Colette. Mais à partir des années 1920, il devient également l’un des principaux artisans de la mythologie montmartroise, fixant dans ses livres la légende de la Butte et du Lapin Agile. Avec À voix basse, il s’inscrit pleinement dans cette veine mémorialiste qui connaît alors un succès considérable ; il y reviendra lorsqu’il composera quatre ans plus tard ses Mémoires d’une autre vie (Genève, 1942), où il réunira tous ses ouvrages consacrés à ses souvenirs (De Montmartre au Quartier Latin, Montmartre à vingt ans, Bohème d’artiste…), une pratique en vogue durant l’entre-deux-guerres qui participe d’un mouvement éditorial bien établi qui voit les écrivains revisiter leur propre légende. Comme l’a souligné Vincent Laisney, Carco y excelle dans « l’art de romancer ses souvenirs », transformant la mémoire en véritable matière littéraire. (Vincent Laisney, in Le mémorancier. Francis Carco, Lettres modernes Minard, 2022).
Bel exemplaire.

