À voix basse

Paris, Albin Michel, (juin) 1938.
1 vol. (140 x 200 mm) de 255 pp. et 1 f. Demi-veau rouge à petits coins, titre doré, date en pied, tête dorée, couverture et dos conservés (reliure signée de Mercher).
Édition originale.

Un des 18 premiers exemplaires sur japon impérial après un exemplaire d'auteur sur japon nacré (n° M).

Envoi signé : « au docteur René Giroux, qui m'éclairera, et me guidera peut-être dans ce voyage à tâtons parmi mes souvenirs. En cordial hommage, Francis Carco ».

Avec À voix basse, Francis Carco abandonne les figures du Milieu qui ont fait sa célébrité – de Jésus-la-Caille à ses chroniques de la pègre parisienne – pour se tourner vers une matière plus intime : celle du souvenir. L’écrivain y évoque son enfance et ses premières années, dans un ton qui est presque celui d’une confidence.

Carco reste, pour le grand public, « l’Homère de la voyouterie », selon le mot de Colette. Mais à partir des années 1920, il devient également l’un des principaux artisans de la mythologie montmartroise, fixant dans ses livres la légende de la Butte et du Lapin Agile. Avec À voix basse, il s’inscrit pleinement dans cette veine mémorialiste qui connaît alors un succès considérable ; il y reviendra lorsqu’il composera quatre ans plus tard ses Mémoires d’une autre vie (Genève, 1942), où il réunira tous ses ouvrages consacrés à ses souvenirs (De Montmartre au Quartier Latin, Montmartre à vingt ans, Bohème d’artiste…), une pratique en vogue durant l’entre-deux-guerres qui participe d’un mouvement éditorial bien établi qui voit les écrivains revisiter leur propre légende. Comme l’a souligné Vincent Laisney, Carco y excelle dans « l’art de romancer ses souvenirs », transformant la mémoire en véritable matière littéraire. (Vincent Laisney, in Le mémorancier. Francis Carco, Lettres modernes Minard, 2022).

Bel exemplaire.

#3548
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