Alcools
Recueil dionysiaque teinté de lyrisme rimbaldien, cette oeuvre-manifeste s’attache au renouvellement de l’écriture poétique. À cet égard, Alcools – primitivement intitulé « Eau-de-vie » – propose une exploration des divers registres poétiques : de l’élégie au vers libre, Apollinaire, tout en s’inscrivant dans la tradition du lyrisme traditionnel (amours contrariées, fuite du temps, relectures de mythes anciens) parvient à inscrire ce recueil dans la réalité du monde moderne, où sa poésie dérouta lecteurs et critiques à sa parution par son absence de ponctuation qu’il justifia ainsi : « je ne l’ai supprimée que parce qu’elle m’a paru inutile et elle l’est en effet, le rythme même et la coupe des vers voilà la véritable ponctuation et il n’en est point besoin d’une autre » (lettre à Henri Martineau).
Rapellons qu’en 1934, Louis Marcoussis donnera une série d’eaux-fortes pour Alcools, dans un tirage unique à 98 exemplaires sur vélin d’Arches ; elle était destinée à orner une édition prévue à la Nouvelle Revue française, mais qui ne fut jamais publiée.
Bel exemplaire, dans une admirable reliure cubiste de Georges Leroux. L’exemplaire est catalogué sous cette forme au catalogue n° 5 de la librairie « Les Mains libres » de Jean Petithory, alors qu’il vient tout juste d’être établi par Leroux. L’exemplaire est ensuite passé en vente à Berne (Kornfeld, juin 1976, n° 249, adj. 16 000 FS). L’exemplaire est cité dans le tome 3 de la Correpondance générale (E216, reliure décrite).
S. Millet, Marcoussis. L’oeuvre gravé (1991), 110-149 ; J. Lafranchis, Louis Marcoussis (1961), 112-148. ; Apollinaire, OEuvres poétiques, Bibliothèque de la Pléiade (1965), p. 1190, n° 40 ; Correspondance générale, Honoré Champion, tome III, p. 767.





