Terre des hommes
C’est en janvier 1938 que Saint-Exupéry débarque pour la première fois aux États-Unis pour tenter le raid New York – Terre de feu. Il bénéficie déjà d’une bonne réputation grâce à la traduction de Night Flight (Vol de nuit) en 1932 et Southern Mail (Courrier Sud) en 1933. Il a déjà en tête son nouveau livre dont le titre est, pour l’heure « Étoiles par grand vent » : un recueil de textes épars précédemment publiés dans la presse hebdomadaire et quotidienne, depuis Marianne (1932-1934), La NRF (1933), Air France Revue (1935), Minotaure (1935), L’Intransigeant (1936-37) et Paris-Soir (1936-1938), qu’il décide de reprendre en totalité. Une genèse singulière qui en dit long sur le bouleversement du statut de l’écrivain durant l’entre-deux-guerres et sur l’évolution des supports qui sont à sa disposition pour porter son oeuvre, fut-elle de reportage, à la connaissance de ses lecteurs. Maximilien Becker devient son agent littéraire et ce dernier lui fait signer un contrat. Ses éditeurs américains ont également engagé Lewis Galantière pour la traduction de son livre à venir : une longue correspondance s’engage entre les deux hommes pour l’élaboration du futur Terre des hommes / Wind, Sand and Stars, dont les deux versions sont composées presque simultanément.
La version française est publiée en février 1939, l’édition américaine en juin : Saint-Exupéry laissa les éditeurs trancher, quant à la parution new-yorkaise, leur soufflant celui qu’il avait abandonné pour Terre des hommes : « Étoiles par grand vent » et « Grand vent sous les étoiles ». Galantière choisira celui de Wind, Sand and Stars, d’après un passage présent dans l’ouvrage. Signalons que l’édition américaine contient un chapitre supplémentaire, « Les Éléments ».
Seule deux dactylographies sont connues : une à la BnF, l’autre, remise à l’imprimeur et offerte à Jean Artur (Ventes Aristophil, 35, novembre 2020, n° 426).
Terre des hommes obtient le grand prix du roman de l’Académie française et le National Book Award aux États-Unis : un succès jamais démenti. Mais malgré ces récompenses prestigieuses, Saint-Exupéry considéra que la plus belle fut le cadeau fait par les ouvriers de l’imprimerie de Lagny-sur-Marne : un exemplaire unique imprimé sur toile d’avion.
Bel exemplaire broché avec envoi : une rare concordance.

