Un des 69 premiers exemplaires sur hollande.
En tête, lettre autographe de Charles de Gaulle à Joseph Kessel, le félicitant pour la parution des volumes du Tour du Malheur.
Les exemplaires sur hollande sont les seuls à contenir les trois fac-similés inédits.
C’est au cours des années 1939-1945 que se dessine la figure de Charles de Gaulle. Depuis ses efforts pour faire admettre aux militaires et aux politiques ses vues au moment de l’éclatement du conflit jusqu’aux heures glorieuses de la France libre, soit de L’Appel au Salut, il trace de lui-même un portrait de ce qu’il se sent devenir : « vieil homme, recru d’épreuves, détaché des entreprises, sentant venir le froid éternel, mais jamais las de guetter dans l’ombre la lueur de l’espérance ! » Le texte fut récemment au centre d’une polémique : pouvait-on, oui ou non, faire figurer ce texte au programme de la terminale L, pour la section « Littérature et débats d’idées » ? Il semble évident que oui.
Après le commandement d’une unité de chars, victorieuse dans l’une des rares contre-offensives de la bataille de France, il est nommé sous-secrétaire d’État à la défense dans le cabinet de Paul Reynaud, un des seuls à cette époque à lui apporter son soutien. À la chute du régime, de Gaulle rejoint Londres, chacun connaît la suite… Parmi les nombreux intérêts de ce triptyque, le lecteur estime mieux à quel point il fut difficile et héroïque pour le futur général de faire admettre au monde entier que la France officielle était à Londres.
Rédigés entre sa démission du gouvernement le 20 janvier 1946 et son rappel en 1958, les Mémoires… auront permis à Charles de Gaulle de préciser les faits historiques associés au combat pour la libération de la France ; il y exposa avec minutie l’épopée de la France Libre, se plaçant en défenseur patriote luttant pour la grandeur de son pays : « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison […] Seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur. »
Il expose ici l’histoire de la France libre, avec beaucoup de minutie, étayant ses propos par de nombreux documents en annexe. C’est grâce à Charles Orengo, et par fidélité à la maison qui l’avait édité juste avant le conflit, que de Gaulle s’était tourné vers les éditions Plon pour la publication de ces volumes, contre l’avis de Malraux qui lui conseillait les éditions Gallimard. Il restera fidèle à Plon pour la suite de ses mémoires (Mémoires d’espoir, Discours et Messages puis Lettres, notes et carnets).
Contrairement à tant d’hommes d’État, de Gaulle, fils d’un professeur de lettres, a rédigé lui-même tous ses discours et tous ses ouvrages. L’examen de ses manuscrits prouve son extraordinaire souci de la composition et du style. Pour ces Mémoires de guerre, c’est un total cumulé de quelque deux millions et demi d’exemplaires vendus en France, des éditions dans près de vingt-cinq langues étrangères, un accueil enthousiaste de la presse et du public lors des parutions, une édition de référence dans la Bibliothèque de la Pléiade. Un succès que seul a dépassé, dans le même registre, celui des Mémoires sur la Deuxième guerre mondiale de Churchill.





















