Envoi signé : « À Maurice Genevoix, Voici, mon cher ami, un 'climat' bien différent sans doute de celui dans lequel vous avez été élevé, mais vous êtes psychologue et il devrait vous intéresser, car il est vrai. Amicalement, Henry de Montherlant ».
Pièce capitale du théâtre de Montherlant, La Ville dont le prince est un enfant condense, dans l’enceinte d’un collège religieux, les forces qui traversent toute son oeuvre : la fascination de l’enfance et des commencements, la jalousie comme clair-obscur du désir, l’emprise spirituelle et ses faux-semblants. Autour du surveillant général, l’abbé de Pradts, s’organise un huis clos, un « climat » dont parle l’auteur dans son envoi à Genevoix, mais qui n’est pas affaire de décor mais de vérité : celle d’un monde réglé où la morale sert de paravent à la domination.
Dans une langue d’une netteté implacable, la version de 1967 – dite définitive – resserre encore la dramaturgie d’un système qui fabrique les fautes qu’il punit ; ce texte va initier la rédaction des Garçons (1969), l’un des textes les plus importants sur l’autorité, l’innocence et la part d’ombre des institutions.
Bel exemplaire, sous sa jaquette à parution, envoyé par l’académicien à son secrétaire perpétuel du quai de Conti.






