« J’ai la faiblesse de me croire un grand talent de conteur », avouait Apollinaire. Un jugement partagé par André Billy, qui saluait ces textes comme « le modèle d’une invention merveilleuse et d’un style dont la transparence et la fluidité découragent l’analyse » ; des textes qui furent un temps pressentis pour le Goncourt et passèrent même le premier tour en tête avec trois voix devant La Vagabonde de Colette, deux, et Pergaud, une. Mais finalement, l’élu fut bien Louis Pergaud avec son Goupil à Margot. À l’issue du scrutin, Élémir Bourges déclara : « Mais, mon cher, c’est toujours ainsi. Nous votons délibérément, au premier tour, pour ceux qui ont le moins de chances. – Et alors ? — Alors, nous leur faisons une petite réclame…. C’est une compensation. » (in Deffoux, Chronique de l’Académie Goncourt, Paris, 1929).
Sans doute aussi les rondes endiablées des héros alchimistes, des criminels en instance de béatification, d’ivrognes luxurieux ou d’assassins sanctifiés, qui comptent parmi les plus extraordinaires de la littérature fantastique, effrayèrent-ils les convives du Goncourt ?
Bel exemplaire, joliment établi.





