Un des exemplaires poinçonnés du service de presse.
Envoi signé : « à Monsieur Guy Vinatrel, en sincère hommage, Albert Camus. »
En 1956, outre ses activités journalistiques, Albert Camus écrit pour le théâtre et multiplie les nouvelles, qu’il rédige entre 1954 et 1956. Il les destine à L’Exil et le Royaume, qui paraîtra l’année suivante. Ce qui sera sont dernier roman publié naît directement d’une des nouvelles – dont on ignore le titre primitif – qu’il destine à son recueil : un texte-clef, isolé puis développé, qui récit prend la forme d’une confession à Amsterdam où — le « juge-pénitent » Jean-Baptiste Clamence y reconstruit, dans un monologue d’une précision implacable, l’enchaînement intérieur d’une faute et d’une lucidité. Le titre, proposé par Roger Martin du Gard, s’impose au moment des dernières épreuves et le succès de librairie est immédiat. Camus refuse l’identification biographique que la critique avance alors : « Mon seul point commun avec Jean-Baptiste Clamence — auquel on s’obstine à vouloir m’identifier — serait son manque d’imagination », déclare-t-il.
L’exemplaire est offert à Guy Vinatrel (pseudonyme de Gilbert Pradet) : cet essayiste et journaliste, est correspondant à Moscou avant-guerre, avant de revendiquer ensuite un engagement dans la Résistance puis se fixer dans une posture anti-totalitaire et anti-communiste très tôt affirmée. Maçon actif, il anime l’Association fraternelle des journalistes et Les Lettres mensuelles et signe, sous son nom de plume, dans Dimanche-Matin, Les Écrits de Paris et Juvénal de nombreux articles dénonçant les camps soviétiques et la défense d’une social-démocratie de responsabilité — recoupe notamment les positions de Camus sur l’URSS, la peine capitale et la liberté de l’esprit.







