Un des 75 premiers exemplaires sur alfa (n° 69).
Troisième roman de Pierre Boulle, La Face fut longtemps oublié, avant une réédition récente chez Julliard, en 2008. L’auteur y propose un huis clos psychologique sombre et implacable, mêlant introspection morale et observation sociale. Le héros, un procureur, assiste à la noyade accidentelle d’une jeune fille sans intervenir. Rongé par la culpabilité, il voit sa conscience s’apaiser lorsque l’enquête se porte sur un coupable tout désigné, dont il sait pourtant l’innocence.
Roman sur le remords, il marque une étape importante – et personnelle – dans l’oeuvre de Boulle, alors en pleine évolution : il vient de publier Le Pont de la rivière Kwaï (et se lancera bientôt dans La Planète des singes).
Un texte rare, profondément existentiel et qui mérite d’être lu comme un portrait de la lâcheté ordinaire, dans la lignée des romans de Simenon.



