Cette première édition illustrée est également la première illustrations faite sur un texte de la période d’Alger – fondatrice et solaire – d’Albert Camus. Ni Révolte dans les Asturies, ni L’envers et l’endroit n’en connaîtront. Le travail graphique, la relecture en image de Noces – publié initialement chez Edmond Charlot en 1939 – ne pouvait – ne devait – qu’être l’oeuvre d’un compagnon de route d’Alger, « un des plus beaux lieux du monde ». Qui de mieux placé, dès lors, qu’un pensionnaire de la villa Abd-El-Tif, en l’occurrence Eugène Clairin ? C’est Marcel Damboise (ou Pascal Pia, selon les sources), le sculpteur également pensionnaire de la villa « villa Médicis algéroise », qui l’avait présenté à Camus en 1935. Clairin y était rentré en 1929 et en avait obtenu le premier prix.
Camus préfacera sa première exposition en France, en 1947 à la Galerie Charpentier ; 1954 marquera une nouvelle collaboration entre les deux hommes, qui décident de donner pour La Femme adultère 12 lithographies pour l’illustrer. Ce sera le seul exemple d’un texte de Camus à connaître une édition originale illustrée qui paraissent au même moment que sa version originale, publiée ce même mois de mars 1954 aux Éditions Gallimard.
Bel exemplaire, élégamment relié sans doute pour le couple Clairin dans un sobre vélin au titre peint à la gouache.
Des bibliothèques Clairin (envoi) et Elvire Choureau (ex-libris).



