On connaît l’histoire éditoriale tourmentée de ce monument de la littérature mémorialiste française :
– Premiers fragments publiés dès 1788-1789 par Soulavie, dans une version fortement altérée ;
– Nouvelle sélection en 1818, expurgée de ses passages les plus critiques ;
– Ce n’est qu’en 1829, sous l’impulsion de l’éditeur A. Sautelet, qu’apparaît cette édition intégrale, soigneusement établie d’après le manuscrit autographe conservé par la famille de Saint-Simon.
Les 21 volumes paraissent en deux années à peine. Ces Mémoires couvrent les années 1691 à 1723 et plongent au coeur de la Cour de Versailles, de la fin du règne de Louis XIV à la Régence où le duc décrit les personnages de son temps, le fonctionnement de la monarchie absolue, les intrigues, les petitesses et les grandeurs de la vie politique et aristocratique française.
Cette édition de Sautelet fit découvrir Saint-Simon aux lecteurs du XIXe siècle : Victor Hugo en dira que Saint-Simon écrivait « à coups de canon » et Balzac le lisait paraît-il comme une bible. On ne compte plus les écrivains, historiens, sociologues et moralistes qui ont vu dans ce texte l’un des sommets de l’intelligence politique. Cette édition sera réimprimée cinq fois avant la grande édition critique de Chéruel en 1856, enrichie d’une biographie par Sainte-Beuve.
Rousseurs éparses sinon bon exemplaire.
Tchemerzine, V, p. 660 : « véritable édition originale » ; Carteret, II, p. 284 ; Vicaire, VII, 101-102 ; Legay, 108 ; Guery Alain. Saint-Simon et Montesquieu, in Cahiers Saint Simon, n°27, 1999, p. 17-28.


