Lettre autographe signée montée en tête (1 p. 170 x 205), encre noire sur papier bleu, datée du 28 mai 1921.
Long poème dramatique écrit au coeur de la Grande Guerre et paru à la Nouvelle revue française alors que les combats font encore rage, L’Arrêt sur la Marne dresse un tableau lyrique et grave de la bataille éponyme, entre ferveur patriotique et méditation funèbre. Le texte est dédié à Charles Péguy, mort au combat à la veille sur ce même champ de bataille, et qui avait accueilli en 1904, dans Les Cahiers de la Quinzaine, le tout premier livre de François Porché (À chaque jour).
L’ouvrage s’inscrit – précocement – dans le courant des oeuvres littéraires qui cherchent à donner une forme morale à l’horreur contemporaine, à l’image des textes que publieront Barbusse, Dorgelès, Duhamel ou Genevoix. En raison de sa forme poétique, il n’est pas recensé par Jean Norton Cru dans Témoins.
Rappelons que François Porché appartient au premier cercle du futur auteur du Grand Meaulnes, collaborant, dès 1902, aux Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy. En 1913, Alain-Fournier s’éprend de la comédienne Pauline Benda (« Madame Simone»), l’épouse de Claude Casimir-Périer, dont il fera son ultime muse. La mort de Fournier au front (disparu le 22 septembre 1914) et celle de Casimir-Périer (tombé sur le front de Crouy en janvier 1915) scellent une mémoire partagée : Simone et Porché, rapprochés par le deuil et les blessures de guerre, se marieront en 1923.
Bel exemplaire enrichi d’une lettre autographe et provenant de la bibliothèque d’Auguste Garnier (ex-libris).
Vignes, Bibliographie des Éditions de la Nouvelle Revue Française, 79.



















