Envoi signé : « à Émile Henriot, avec mes meilleurs sentiments. F. Carco ».
Le chapitre XXIV a été censuré ainsi que la dernière ligne de la page 184 : notre exemplaire comporte un ajout manuscrit de l'auteur à cet endroit.
Deuxième roman de Francis Carco, publié en pleine guerre et alors que l’auteur, réformé dans un premier temps, subit une forte pression morale et politique pour s’engager. Le roman, à coloration autobiographique, raconte sa jeunesse de bohème dans un style fluide, nerveux, traversé de scènes de rue et de pulsions d’engagement. Il fut l’objet d’une censure explicite, avec un chapitre (le XXIV) supprimé dans l’édition originale ainsi que la dernière ligne de la page 184.
Notre exemplaire se distingue par la présence, à cet endroit, d’un ajout autographe de l’auteur : « j’mi engage au Bataillon ».
Cette note prend une dimension singulière : Carco sera effectivement mobilisé, en mars 1918, et affecté comme infirmier à l’hôpital militaire complémentaire n° 76 à Nevers. Il n’ira pas au front, mais cet engagement tardif suffira à faire taire les soupçons d’antipatriotisme dont il sera parfois la cible. Cette note semble ainsi être à la fois un pied de nez à la censure et une profession d’intention, sincère ou ironique.










