Lettre autographe signée à Monsieur Godebsky

[Paris, 16 mars 1915].
1 page en 1 f. (210 x 270 mm) à en-tête de la revue Le Mot, enveloppe conservée.

#24142
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Lettre autographe signée à Monsieur Godebsky

[Paris, 16 mars 1915].
« Comme je suis content que vous aimiez notre beau projet de contre-offensive. Il faudrait que les Alliés m'aident. À Dimanche. Jean Cocteau ».

Brève et enthousiaste, cette lettre autographe signée de Jean Cocteau s’adresse à Cypa Godebsky, le demi-frère de Misia Sert :

Le projet dont il est question ici est Le Mot, revue patriotique d’art et de propagande fondée par Cocteau et Paul Iribe en novembre 1914. Si Cocteau a été réformé, il ne reste pas inactif : engagé comme brancardier de la Croix-Rouge, il assiste au bombardement de Reims et participe à l’évacuation des blessés. Le traumatisme est fort. De retour à Paris, il fonde cette revue à la fois graphique, belliqueuse et provocante, exploitant un patriotisme sans nuances.

Le Mot connaîtra vingt numéros entre novembre 1914 et juillet 1915. Pour mener à bien l’entreprise, Cocteau doit en financer la poursuite : il sollicite alors des mécènes, notamment Cypa Godebsky, rencontré lors des convois sanitaires à Reims, et dont le salon est réputé pour accueillir les grands artistes et écrivains du moment – de Valéry à Gide, de Satie à Vuillard, de Fargue à Conrad.

Les Godebsky, installés rue d’Athènes et à La Grangette à Valvins, jouent un rôle essentiel dans l’écosystème artistique de l’époque. Leur générosité ne s’exerce pas à distance : Ravel dédicacera son Ma Mère l’Oye aux enfants du couple, Jean et Mimi. Dans ce contexte, la lettre de Cocteau, datée du 16 mars 1915, marque un moment décisif : celui de la recherche de soutiens. « À dimanche » renvoie aux célèbres soirées Godebsky, où Cocteau espère rallier un allié de plus à son « beau projet de contre-offensive » artistique – contre l’ennemi, mais aussi contre l’indifférence.

Nulle surprise de trouver chez eux un écho favorable au Mot de Cocteau, à qui ils donnent rendez-vous au prochain dimanche. Un allié de plus pour l’écrivain, qui mènera à son terme la revue dont le dernier et vingtième numéro paraîtra en juillet 1915.

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