Envoi signé : « à Francis Poulenc, son ami Jean Cocteau, 1918 ».
Revue fondée par Jean Cocteau et Paul Iribe au coeur de la guerre, Le Mot capte la violence du conflit jusque dans ses images : patriotisme offensif des premiers numéros, puis ouverture rapide aux modernités graphiques – bois de Raoul Dufy, collaborations d’Albert Gleizes, Léon Bakst, André Lhote ; Cocteau y signe dessins et caricatures sous le pseudonyme « Jim » (pseudonyme emprunté à son chien). Réformé mais engagé à la Croix-Rouge, présent aux évacuations de blessés après les bombardements de Reims, Cocteau transpose dans la revue un sens aigu de l’actualité et de la propagande visuelle, bientôt heurté par la censure.
Le recueil est présenté en collection complète, dans un cartonnage commandé par Francis Poulenc : il réunit les 20 numéros de publication, dont le double état de la couverture du n° 8.
Provenance de premier plan : Francis Poulenc (1899-1963) fera partie du groupe des « Six », fondé par Cocteau après son manifeste Le Coq et l’Arlequin (1918) ; la dédicace date précisément ce moment, l’amitié et le compagnonnage. Poulenc mettra en musique les Cocardes (1919) sur des textes de Cocteau, participe au ballet collectif Les Mariés de la tour Eiffel (1921, argument de Cocteau) et retrouvera son univers dans La Voix humaine (1959).
Sommaire : N°1 – 28 novembre 1914 ; N°2 – 7 décembre 1914 ; N°3 – 19 novembre 1914 ; N°4 – 2 janvier 1915 ; N°5 – 9 janvier 1915 ; N°6 – 16 janvier 1915 ; N°7 – 23 janvier 1915 ; N°8 – 30 janvier 1915 – 2 couvertures dont la première censurée ; N°9 – 6 février 1915 ; N°10 – 13 février 1915 – avec la double page pour la gravure de Dufy ; N°11 – 20 février 1915 ; N°12 – 27 février 1915 ; N°14 – 13 mars 1915, avec le feuillet d’annonce pour le numéro du samedi 20 mars interdit par la censure ; N°15 – 27 mars 1915 ; N°16 – 3 avril 1915 (mouillures sur les feuillets de ce numéro) ; N°17 – 1er mai 1915 ; N°18 – 1er juin 1915 ; N°19 – 15 juin 1915 ; N°20 – 1er juillet 1915.













