L’Énigme de Givreuse

Paris, Éditions Flammarion, 1917.
1 vol. (115 x 185 mm) de 275 p. et [1] f. Demi-maroquin bleu, dos à nerfs orné, titre doré, tête dorée, couvertures conservées.
Édition originale et premier tirage. Envoi signé : « à Maurice Genevoix pour ses belles Nuits de guerre, J.--H. Rosny aîné ».

Une incursion inattendue de la guerre dans le domaine de la science-fiction : publié en feuilleton à partir de décembre 1916 dans La Revue de Paris, L’Énigme de Givreuse raconte le destin singulier de Pierre de Givreuse, soldat blessé dans les tranchées, qui se retrouve dupliqué en deux êtres rigoureusement identiques. Le récit imagine une bipartition moléculaire de l’individu – une forme de clonage avant l’heure – et constitue une des premières explorations du genre sur fond de conflit mondial.

À l’inverse des personnages interchangés d’Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, les deux « Givreuse » ne sont pas des doubles aux destins opposés, mais bien des entités indiscernables, interrogeant la définition même de l’identité. Un roman rare, aussi fascinant qu’oublié !

J.-H. Rosny Aîné (pseudonyme de Joseph Henri Honoré Boex), connu notamment pour La Guerre du feu, qu’il coécrivit avec son frère J.-H. Rosny Jeune, est l’un des pères de la science-fiction moderne. Il se sépare ensuite de son frère et poursuit seul une oeuvre inventive, nourrie de spéculations scientifiques. L’Énigme de Givreuse aborde ainsi, dès 1917, les questions de duplication biologique, quelques années seulement après l’introduction du terme « clone » en biologie végétale par le botaniste H. J. Webber.

#31760
Retour