Un des 65 premiers exemplaires sur papier sirène (n° 2).
Dernier livre publié du vivant de Maurice Genevoix, Trente mille jours est un chef-d’oeuvre de mémoire, de lucidité et de transmission. Genevoix y parcourt les « trente mille jours » de sa vie, depuis son enfance ligérienne à Decize et Châteauneuf-sur-Loire, jusqu’à son accession au secrétariat perpétuel de l’Académie française, en passant par l’épreuve de la Grande Guerre. Une sincérité et une authenticité rares, alliées à une mémoire prodigieuse, qui font de son oeuvre un viatique exemplaire.
Le 20 juin 1980, il est l’invité exceptionnel d’Apostrophes, où Bernard Pivot l’interroge sur ce livre. La guerre, bien évidemment, mais aussi la question de la langue, de ce don, ce charme, ce fluide qu’on lui prête : « C’est peut-être vrai, mais à la base de ça, il y la patience. La patience. La curiosité, mais il y a la patience. L’homme a toujours moins de patience que les animaux, mais il faut avoir une patience comparable à la leur, si vous y mettez le temps, vous arrivez à des choses extraordinaires ».
Cette autobiographie intellectuelle et sensible est le testament littéraire d’un homme resté fidèle à lui-même, fidèle à ses valeurs, à ses morts, à la nature et à l’écriture. Si un long et émouvant passage est consacré à la genèse et à la postérité de Raboliot, ce roman qui a bouleversé son destin, le texte porte le filigrane constant des récits de guerre et du poids de la mémoire.
Le livre-témoignage de l’auteur.
De la bibliothèque de Maurice Genevoix, aux « Vernelles », avec ex-libris.











