L’exemplaire de Maurice Genevoix, avec un bel envoi évoquant explicitement Verdun et les Éparges.
Jules Ninet, soldat au 89e RI, choisit de raconter son expérience de 1917-1918 par le prisme de la fraternité combattante : celle d’une escouade de la 9e compagnie. Il brosse des portraits de camarades, dépeint leurs relations et les conditions de vie sur le front, du Chemin des Dames à la Somme, dans un style vivant et empreint d’humanité. Son récit, très axé sur la vie quotidienne, « peut sembler parfois bien lisse et le rendrait suspect pour Jean Norton Cru : pas de conflits (tous ces camarades ainsi que les gradés sont de « braves types »), pas de gros jurons (du patois tout au plus), pas de sexe (il n’arrive aux protagonistes que de chastes amourettes d’adolescents), et surtout pas d’opinion grave […]. La préface du livre, écrite par un officier supérieur, constitue l’unique indice du consentement de l’auteur au contexte de l’époque […]. Il ne maudit la guerre qu’à la fin de son récit, en voyant les mourants dans son hôpital en 1918 » (Sébastien Chatillon, doctorant à l’Université Lyon 2).
La préface du commandant Mermod confirme la tonalité modérée et consensuelle de l’ouvrage, que l’auteur ne conclut par une condamnation de la guerre qu’à la toute fin, dans les salles d’un hôpital.
Le titre sur la couverture a été discrètement réhaussé à la main par Genevoix, comme il le faisait parfois sur ses exemplaires de travail ou de lecture.

